• Alors voilà.

    Ces derniers mois, j'ai décidé de changer de vie. Enfin, changer de métier plus exactement. Enfin, changer ma façon de voir les choses concernant mon métier.

    Bref, je quitte l'Education Nationale l'année prochaine. Je prends une disponibilité, plus exactement. Ca veut dire que je ne travaille plus au sein de l'Education Nationale pendant 1 an. Après, on verra.

    Beaucoup me disent "Oui, prends du recul pendant 1 an, et puis après, tu verras, avec une autre classe, ça ira !"

    Mais non. Moi, j'ai pas vraiment envie d'y retourner, même dans 1 an. Je veux bien dire "on verra", OK, mais disons que je m'oriente plutôt vers autre chose, maintenant.

    Oh, ça reste en lien avec les enfants, avec l'éducation aussi.

    Et aujourd'hui, je peux te donner l'étape n°1 de ma nouvelle vie. Wow !

    (roulement de tambour)
    Je vais devenir formatrice à la Fabrique à Bonheurs !!!!!!!!!!!

    Fabrique à Bonheurs

    Si tu connais pas la Fabrique à Bonheurs (honte sur toi), tu peux aller jeter un coup d'oeil en cliquant sur l'image au-dessus.

    En résumé, la Fabrique à Bonheurs organise des ateliers de psychologie et pédagogie positives pour adultes (im)parfaits et enfants (pas si) sages.

    Et comme les demandes explosent à Paris, les deux fondatrices de la Fabrique, Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, ont décidé de former une équipe de formateurs en province.

    Audrey Akoun Isabelle Pailleau

    J'ai donc envoyé mon dossier de candidature, et j'ai été retenue !!
    En passant, le dossier était juste extra à remplir, avec des questions dépassant le champ professionnel.

    Je pars donc, avec 14 autres personnes, en formation à Paris la semaine prochaine ! Après ça, je pourrai animer des ateliers sur la pédagogie positive autour de Nantes/Rennes/Angers.

    Fabrique à Bonheurs

     

    La Fabrique à Bonheurs, c'est aussi un compte Facebook qui partage de nombreuses petites pensées du jour, amenant toujours à réfléchir et profiter des petits plaisirs de la vie.

    les autres

    la chanceles rêves

     

     

     

    Audrey et Isabelle ont aussi écrit un très chouette bouquin "Apprendre autrement avec la pédagogie positive", que je recommande vivement, tellement il apporte une autre vision et un nouveau souffle au rapport à l'enfant et aux apprentissages. Avec en plus, beaucoup d'humour ! Un régal :-)

    Pour les enseignants, attendez leur prochain bouquin qui vous sera spécialement dédié !

    Apprendre autrement avec la pédagogie positive

     

    Je crois avoir tout dit sur la 1ère étape de ma nouvelle vie. Je suis trop heureuse !

    Je te laisse, je vais préparer ma valise...

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  • Alors voilà.

    Ma vie avance, vers quelque chose de plus en plus construit, mais chut... tu ne sauras rien, pas encore !

    Après les hauts et les bas avec mes enfants, je me pose de nouveau, avec des projets plein la tête et du soleil parfois.

    Et puis il y a, comme ça, une journée parfaite. Oui, oui, par-faite !

    Today will be a perfect day

    en fait, faut être persuadé dès le matin

    J't'explique.

    Mardi dernier, je récupère le Crapaud à l'école, et direction le parc, pour prendre le goûter toutes les deux (chouette !)

    Arrivée au parc, le Crapaud se présente à l'autre petite fille qui est là également : "Bonjour, je m'appelle Crapaud et j'ai 5 ans et demi." Elles commencent à jouer ensemble, à escalader les jeux...

    Je lis mon magazine Biomood tranquillement, et j'entends les autres parents qui ponctuent chaque geste de leur progéniture "Attention, tu vas tomber... Mets ton pied devant... Regarde ce que tu fais !"

    Mon Crapaud se débrouille toute seule. Elle est plutôt moteur (mais à 3 ans, on ne comprenait rien à ce qu'elle disait - on ne peut pas être sur tous les fronts !). Et surtout, je la laisse faire ses expériences seule au maximum.

    A l'heure du goûter, elle me demande si elle peut donner un morceau à la copine. Euh, oui, bien sûr ! Sauf que la copine, elle n'aime pas trop le pain avec de la purée d'amande dessus...

    Bref, je dis au Crapaud qu'on va bientôt partir, elle peut encore choisir quelques jeux.

    "OK, maman, je fais un tour de toboggan, et j'arrive !"

    Je n'en espérais pas tant ! Je commence à ranger les affaires, et je me dirige tranquillement vers la sortie.

    Le Crapaud se retourne vers sa copine et lui dit "Je dois y aller, salut !" et me rejoint.

    C'est tellement simple parfois...

     

    good day

    Une chouette journée, j'te dis

     

    2ème étape : nous allons à notre ferme bio du coin, pour y cueillir les 1ères fraises de la saison, miam.

    Finalement, le Papillon est arrivé avant moi et a presque fini sa récolte. Je laisse le Crapaud avec lui, et vais récupérer le Caméléon.

    Une fois le Caméléon-qui-sent-bon-la-crème-solaire récupérée, je file au supermarché acheter 2-3 trucs.

    Elle insiste pour prendre un "piti chayo", et je me dis qu'avec elle seulement, il faut en profiter.

    Nous voilà donc parties avec le piti chayo, on fait quelques courses sans prendre de pain, on arrive à la caisse rapide, on enlève tous les articles, le Caméléon remmène tranquillement son chariot et c'est terminé !

    Supra simple, encore...

     

    what a perfect day

    une journée par-faite !

     

    Retour à la maison, dégustation de fraises et bonne nouvelle en prime (j't'en parle bientôt, bientôt, promis...), puis une soirée-conférence très chouette animée par Sophie Marinopoulos (sur le thème "Etre parent : du bonheur à l'épuisement")

    Bonheur, simplicité, ça se passe comme ça chez Deux Minutes (eh, des fois, faut aussi souligner les trucs chouettes, ça fait du bien au moral, nan ?!)

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  • Alors voilà.

    Ma vie devrait bientôt franchement tourner autour de la pédagogie Montessori (non, non, je ne dis encore rien...)

    Je vous présente une petite vidéo d'une expérience qui a eu lieu en école publique.

    Il s'agit d'une classe expérimentale dans une école maternelle publique située en ZEP (zone d'éducation prioritaire), à Gennevilliers (92)

    Ici, tu trouveras un texte issu de la bibliothèque des expérimentations pédagogiques, ainsi qu'un lien vers une vidéo super intéressante !

    Régale-toi...

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  • Alors voilà.

    J'ai vécu, il y a deux mois, de superbes moments auprès de mes enfants : je les redécouvrais, je m'énervais moins, j'étais un peu sur un nuage...

    zen attitude

    Je réfléchissais aussi beaucoup à ma situation, à mon avenir, à ce que j'allais bien pouvoir faire à partir de septembre prochain ! Et je commençais à prendre des décisions (ce qui n'est pas une mince affaire), et donc à prendre de l'assurance.

    Et puis les vacances et quelques évènements plus tard, la confiance a valsée, le calme avec, et je me suis retrouvée dans une relation très conflictuelle avec le Crapaud. Prise de bec tous les jours, énervement régulier, tout partait en cacahouète !

    crise

    Ensuite, le cercle vivieux : l'animosité entraine encore plus d'animosité, et les moments joyeux peuvent rapidement se changer en moments foireux à cause d'un petit détail.

    Ma volonté de passer le plus de temps possible avec mes enfants en a pris un coup. Comment arranger les choses ?

     

    Et puis on a repris notre rythme, on a retrouvé nos marques, j'ai essayé de passer du temps seule avec le Crapaud, d'accompagner ses demandes du mieux que je pouvais, et aussi de me poser de mon côté.

    Il y a eu cette semaine où je n'ai fait que réfléchir encore et encore à une nouvelle opportunité qui s'offrait à moi. J'ai eu besoin d'en parler, beaucoup, beaucoup, à plusieurs amies. Et le vendredi, en sortant de chez ma cop', j'ai pris une décision. Peu importe où elle m'emmènera, au moins, je suis au clair avec moi-même et c'est ça que je veux.

    prise de décision

    là, au milieu, c'est comme si c'était moi, quoi

    Depuis ce jour, à la maison, le changement a été radical. Plus de cris ou d'énervement en continu. De l'écoute et des rires sont revenus les remplacer.
    Oh, je ne dis pas que tout est rose chez moi, loin de là. Mais c'est fou ce que ça va mal quand on va mal, tout simplement.

    Du coup, j'ai pu me sentir de nouveau prête à assumer ce sacré rôle de maman, dans le calme.

    Et je suis retournée au supermarché musique de films pour annoncer une expédition

    Supermarché

    Seule avec le Caméléon, cette fois-ci. Bon, le timing jouait plutôt en ma faveur : il était 15h, il n'y avait donc que des plus de 70 ans dans le magasin, et le Caméléon, qui avait décidé de faire une grève de la sieste, était plutôt fatiguée et calme.

    A l'arrivée, je me la joue Super Nanny, et je lui redonne les règles avant de sortir de la voiture.

    Super Nanny

    "Caméléon, on va aller faire les courses. Tu vas rester dans le chariot pendant ce temps, et si tu veux un bout de pain, je te le donnerai quand nous aurons fini les courses, dans la voiture. Tu as bien compris ?"

    Le Caméléon acquiesce docilement, et nous voilà parties faire les courses gaiement.

    Lorsque j'arrive au rayon pain, je commence à trembler. Eh, la grosse crise de la dernière fois, je m'en rappelle encore, hein ! Je rappelle que le petit bout de pain, nous le prendrons dans la voiture, et je mets le pain à côté du Caméléon. Elle a presque envie d'y toucher, mais me regarde en souriant yes !

    pain

    Nous passons à la caisse, et allons jusqu'à la voiture. Je l'installe dans son siège auto, et lui donne un bout de pain avec un énorme soulagement plaisir.

    Le tour est joué !!!

     

    J'ai repris beaucoup de temps, surtout avec le Crapaud, à expliquer avant d'agir.

    "Nous allons à la ferme ce soir chercher des légumes, mais nous n'aurons pas le temps d'aller voir tous les animaux comme l'autre fois. Il faudra partir quand je te l'indiquerai, OK ?

    C'est tout con simple, mais faut juste y penser, quoi.

    Certains me diront : Ce n'est pas de la coopération, tu leur imposes juste tes impératifs, c'est tout !

    Ce à quoi je répondrai et ben c'est déjà pas mal !!
    Ce que je veux dire, c'est que c'est bien ça qui est lourd-dingue à gérer dans la vie quotidienne (on en parlait d'ailleurs en atelier Faber et Mazlish) : respecter les horaires, faire les courses et tout le reste.
    Alors si mes enfants peuvent déjà coopérer sur ces impératifs-là sans que chacun passe une mauvaise journée, moi je dis que je suis déjà super contente.

    coopération

    Au délà de ça, on peut évidemment aller plus loin et faire participer les enfants, par exemple.
    Les courses deviennent passionnantes quand on va aussi chercher des choses ! Suivant l'âge des enfants, on peut leur demander d'aller chercher une boîte de maïs, ou d'aider à remplir un sac de poires. Un enfant qui a une action à réaliser ne s'ennuiera pas et sera content d'aider son parent.

     

    Après, l'esprit de coopération peut aussi être développé dans plein d'autres situations.

    Bien vivre ensemble


    L'autre jour, le Crapaud s'amusait à compter le nombre de fois où elle voyait le nom de notre commune sur les panneaux.

    "Maman, j'ai vu 2 fois MachinVille écrit ! On dirait qu'on regarde toutes les deux, et on compte les points, d'accord ?

    OK. J'ai joué le 1er jour. Et puis le 2ème jour, j'ai changé les règles :

    "Tu sais, Crapaud, au lieu de compter les points et savoir qui a 3 ou qui a 4 points, on pourrait jouer ensemble, et comme ça, on aurait plus de points !"

    Le Crapaud a mis un certain temps à comprendre. Elle voulait tout simplement gagner contre quelqu'un... et voir qui gagnerait.
    Finalement, elle s'est prise au jeu, et on a joué ensemble. On a même atteint 10 points, ce qu'on n'a jamais quand on joue seul !

    Le jour suivant, le Crapaud me dit dans la voiture "Maman, on joue ensemble au jeu de MachinVille ?"

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  • Alors voilà.

    Tu le sais, ma vie bascule, ma vie change ! Il y a eu des moments très durs, et je me relève petit à petit.

    Je me relève surtout grâce à mes filles.
    Mon Crapaud, qui se pose enfin un peu et va plus vite que moi dans nos découvertes Montessoriennes.
    Mon Caméléon, plus indépendante que jamais, qui s'affirme et découvre tant de choses nouvelles.

    Je n'ai jamais autant pris le temps de les regarder, de les voir agir, s'énerver, de les accompagner aussi.

    Mes lectures, mes expériences, celles des autres, mes rencontres, tout ça a fait que j'en suis rendue là maintenant. Et j'adore !

    J'ai l'impression d'être leur guide, juste quand il le faut. Je ne crie presque plus. Je répète inlassablement les mêmes choses, hein, ça ne change pas, mais pas du tout de la même façon. Les "laisse ça à ta petite soeur !" se sont changés en "je vois que ta petite soeur n'est pas d'accord", ce qui change tout. Ca ne marche pas du 1er coup, mais au fur et à mesure, le changement est radical.

    Le Crapaud avait la fâcheuse habitude de prendre les jouets des mains de sa petite soeur, qui se mettait alors dans une colère noire. Classique.

    prendre un jouet

    ni vu ni connu

    J'ai répété avec douceur, plusieurs fois de suite, qu'il valait mieux lui demander.
    Un beau jour, le Crapaud court vers moi : "Maman ! Je lui ai demandé gentiment si je pouvais prendre son bébé et elle a dit oui !!"
    Incroyable, le Crapaud semblait découvrir qu'on pouvait demander gentiment et avoir une réponse positive... Je pense qu'elle prenait sans demander par peur d'une réponse négative, tout simplement.

    Voilà où j'en suis.
    Toute action d'un de mes enfants a une explication. Rationnelle ou non, mais il y a très souvent une raison, que nous adultes avons bien du mal à saisir.
    Pour cela, il faut se pencher, se mettre à leur place, ou carrément redevenir un enfant.

    Pourquoi je la regarde vraiment quand elle me dit "maman, regarde" ?
    Parce que je détestais quand mes parents ne le faisaient pas.

    Pourquoi je la laisse manger avec les doigts ?
    Parce que j'adorais ça, moi aussi, et je suis maintenant capable de manger avec des couverts, merci.

    manger avec ses doigts

    Pourquoi elle a le droit de donner son avis ?
    Parce que j'aurais adoré qu'on demande le mien, ça m'aurait peut-être évité d'être si timide petite.

    Pourquoi j'accepte une colère ?
    Parce que je comprends qu'elle soit triste, en colère ou déçue. Moi aussi je le suis parfois.

    Pourquoi je négocie ?
    Parce qu'on prend les décisions ensemble, certaines choses la concernent aussi, même si d'autres choses sont non-négociables.

     

    Récemment, j'ai vu une amie avec son petit garçon de 2 ans. Elle lui parlait avec douceur, lui expliquait les choses, et après lui avoir dit "Tu sais, maman voudrait être tranquille pour discuter, là, c'est important. Si tu ne fais pas la sieste, alors tu joues tranquillement tout seul. Je pourrai jouer avec toi après.", l'enfant en question est allé s'occuper seul.

    J'étais bluffée. Comment un si jeune enfant pouvait-il apparaitre si docile ?

    J'ai fait la même expérience avec le Caméléon quelques jours plus tard. J'avais une réunion avec des amies d'une association, et ce jour-là, pas de sieste. J'ai expliqué les choses de la même façon. Le Caméléon a joué toute seule pendant 1h30.

    C'est ça qui est fort. Une fois qu'on est au clair avec les besoins de l'enfant (non, on ne peut pas demander à un enfant d'être tranquille dans un magasin alors qu'il est midi et qu'il meurt de faim, par exemple !), et aussi avec les nôtres (pourquoi se forcer à jouer avec lui si on n'en a vraiment pas envie ou si on est fatigué ?), tout se fait !

    Bien sûr, il y a des trucs qui aident. Il faudra que je vous reparle des ateliers Faber & Mazlish que j'ai commencé le mois dernier, à ce propos !

    Je te conseille la lecture de l'article "Comment réagir lorsque son enfant pique une colère dans un magasin" de Madeleine Deny, auteur également des supers petits bouquins de parenting, dont "Les colères".

    livre colères

    Et puis, je te rassure, après tout ce beau discours, il y a aussi des choses qui foirent encore, hein.

    Ici, par exemple, ce sont les toilettes qui posent problème. Le Crapaud n'arrive pas à aller aux toilettes/s'essuyer/tirer la chasse d'eau/se laver les mains. Il manque toujours au moins une étape. Je ne désespère pas, on trouvera bien une solution !

    Pour finir, j'avoue tout : oui, mes filles se sont roulées par terre au Super U.
    Ca fait du bien de savoir que ça arrive aux autres, hein, sadique ?

    dragon colère

    C'est arrivé au Crapaud alors qu'elle devait avoir dans les 2 ans (le fameux terrible two...) : je venais de la récupérer tard de la crèche, elle était fatiguée, j'étais pressée, et la pauvre baguette que j'avais achetée a fini jetée par terre par le Crapaud, qui s'est jetée également par terre en se tortillant et en hurlant...
    Ca y est, tu vois bien la scène, là ?!
    J'étais très gênée, je me sentais observée, je me suis dépêchée de partir, ma fille (et ma baguette) sous le bras.

    C'est arrivé aussi au Caméléon, pas plus tard que la semaine dernière (allez, tous ensemble "le terrible two, le terrible two"...).
    J'étais zen, j'étais fun, je suis partie faire quelques courses à 11h30 (ohhh, l'erreur fatale !). Chacune avait son petit chariot, j'ai acheté deux poissons pour remplir les deux chariots, deux boîtes de mouchoirs pour les deux chariots, je sentais que je maitrisais presque la situation. Arrivée devant le paquet de 6 éponges, le doute m'envahit : non, je n'avais vraiment pas besoin de 12 éponges... Le Crapaud me suivit sur ce coup-là (ouf), et elle échangea un poisson contre les éponges.
    Jusque là, tout allait bien, et on était presque rendu à la caisse, presque.

    chariot

    le chariot


    Il manquait le pain. Ce foutu pain qui allait tout précipiter.
    Non seulement le Caméléon voulait manger la moitié du pain là-tout de suite-maintenant, mais elle le voulait dans son chariot (et le Crapaud aussi, tu l'auras compris)
    J'étais devant un dilemne. L'écoute de mes enfants, la bienveillance limitée des autres clients (et leur capacité à entendre des cris et des pleurs), le timing qu'il nous restait (plus on restait, plus la situation était tendue, et en plus, moi aussi j'avais faim).
    J'ai essayé de faire ce que j'ai pu, à dose d'explications, de négociation, de consolation et de bouts de pain découpés. Quand le Caméléon ne pleurait plus parce qu'elle avait le pain dans son chariot, c'était au tour du Crapaud de crier à l'injustice.
    On a réussi à arriver jusqu'à la caisse (re-ouf), et là, nouveau drame : il faut laisser le chariot. Autant le Crapaud, calmée, a pu le faire tranquillou, autant le Caméléon était dans un état non gérable qui rendait équivalente la perte de son chariot à celle d'un membre de son propre corps. J'ai donc pris les quelques courses sous un bras, le Caméléon en mode-anguille sous l'autre, tout en ramenant gentiment ce fucking chariot à sa destination. Il ne restait plus qu'à payer. Passer les articles un par un (oui, la bonne idée, non, la caisse rapide ?), et donc prendre la baguette des mains du Caméléon et refuser de la laisser la reprendre parce que sinon, ça bloque la caisse, sortir sa carte bancaire et finaliser le tout, avec une anguille hurlante qui nettoie le sol de manière relativement efficace.

    colère magasin

    alors, là, soyons clair, la scène est plutôt gentillette

    Ca y est, c'est fini, je récupère mon Camélélon-anguille sous le bras, je sors. Ouf, un peu d'air frais, ça fait du bien quand même !

    Installation dans le siège auto, je tente une phrase d'empathie "Tu avais très envie de cette baguette ?" mais les hurlements se multipliant par 15, je décide d'abandonner. Finalement, les cris auront duré 2'53 et quelques minutes après, le Caméléon, avec encore des larmes au coin des yeux, me fera un énorme sourire.

    Ca m'impressionne à chaque fois. On est dans une situation extrême, j'ai l'impression de foirer un truc et que mon enfant le supporte très mal, et ça finit (au bout d'un moment, quand même) par un sourire.
    Je crois que j'ai l'impression que c'est horrible. Enfin, ça l'est sans doute pour elles, mais disons que je fais de mon mieux. Je gère comme je peux, et c'est déjà pas mal. Après tout, l'important est d'être à l'écoute, non ?

    En tout cas, la différence avec la 1ère fois, c'est que je n'ai pas regardé si les gens me regardaient. Je faisais au mieux, pour mes filles, pour moi.
    Je n'étais pas forcément à l'aise (qui l'est dans ces moments-là ?), mais je savais que je faisais au mieux, en accompagnant mes filles dans cette expérience-là.

    Alors, quand est-ce qu'on retourne faire les courses ?!

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